Les données de la délinquance sont précieuses mais faciles à mal interpréter. Le service statistique du ministère de l'Intérieur (SSMSI) publie des bases communales par grande catégorie d'infraction.

Toujours rapporter à la population

Un nombre brut de faits favorise mécaniquement les grandes villes. Pour comparer, on utilise un taux pour 1 000 habitants. Même ainsi, une ville-centre qui accueille chaque jour des navetteurs et des visiteurs verra son taux « par habitant » surestimé.

Distinguer les types d'atteintes

Cambriolages, vols violents, coups et blessures, dégradations… ne se valent pas et n'évoluent pas ensemble. Regardez la catégorie qui vous concerne plutôt qu'un total agrégé.

L'effet de seuil sur les petites communes

Sur une commune peu peuplée, quelques faits font bondir un taux. Le SSMSI masque d'ailleurs les effectifs trop faibles pour des raisons de secret statistique : une valeur « n/a » ne veut pas dire « zéro ».

Lire une tendance, pas une année

Une seule année peut être atypique. La tendance sur plusieurs années est bien plus parlante qu'un millésime isolé.

Ce que les chiffres ne disent pas

Les statistiques reflètent les faits enregistrés : ils dépendent aussi de la propension à porter plainte et de l'activité des services. Ils mesurent une réalité, pas le sentiment de sécurité, qui se vérifie sur le terrain.

Où trouver ces chiffres sur le site

La fiche de chaque commune et sa page « sécurité » affichent les principaux indicateurs de délinquance enregistrée (cambriolages, vols, violences…) en nombre de faits et en taux pour 1 000 habitants, avec la moyenne nationale pour situer la commune. Les indicateurs masqués pour secret statistique n'y figurent pas.

Sécurité ressentie et sécurité mesurée

Les statistiques décrivent des faits enregistrés ; elles ne mesurent pas le sentiment de sécurité, qui dépend de l'éclairage, de l'animation des rues, de la propreté ou de la réputation d'un quartier. Les deux se recoupent souvent, mais pas toujours : une commune aux chiffres modestes peut être perçue comme peu rassurante, et inversement. Croisez toujours les données avec une visite à différentes heures.

Calculer et comparer un taux soi-même

Le taux pour 1 000 habitants se calcule simplement : nombre de faits divisé par la population, multiplié par 1 000. Dans une commune de 8 000 habitants où 40 cambriolages ont été enregistrés, le taux ressort à 5 pour 1 000. Rapporter les faits à la population est indispensable pour comparer une petite ville à une métropole. La base du SSMSI distingue une douzaine d'indicateurs : cambriolages de logements, vols de véhicules, vols dans les véhicules, vols violents, vols sans violence, coups et blessures volontaires, violences sexuelles, usage et trafic de stupéfiants, destructions et dégradations. Regardez celui qui vous concerne : un taux de cambriolages élevé n'a pas la même portée qu'un pic de dégradations.

Source : SSMSI (service statistique ministériel de la sécurité intérieure, ministère de l'Intérieur), bases statistiques communales de la délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie, 2025. Les indicateurs aux effectifs trop faibles sont masqués pour secret statistique et n'apparaissent pas sur la fiche.