Le profil social d'une commune pèse sur la vie quotidienne : commerces, mixité, dynamique du marché immobilier, ambiance d'un quartier. Les données fiscales de l'INSEE (dispositif Filosofi) permettent de l'objectiver. Encore faut-il lire les bons indicateurs et éviter quelques pièges classiques.

Niveau de vie, revenu, salaire : ne pas confondre

Le niveau de vie est le revenu disponible du ménage (après impôts et prestations sociales) divisé par le nombre d'« unités de consommation », une mesure qui tient compte de la composition du foyer. Il permet de comparer des ménages de tailles différentes, ce que ne permet ni le salaire seul ni le revenu brut. C'est l'indicateur le plus pertinent pour situer le niveau de richesse d'une population.

La médiane plutôt que la moyenne

Nous présentons le niveau de vie médian : la valeur qui partage la population en deux moitiés, l'une au-dessus, l'autre en dessous. La médiane est préférable à la moyenne car elle n'est pas tirée vers le haut par quelques très hauts revenus. En France métropolitaine, le niveau de vie médian s'élève à environ 23 080 € par an. Une commune nettement au-dessus est globalement aisée, nettement en dessous, plus modeste.

Le taux de pauvreté

Le taux de pauvreté indique la part des habitants vivant avec moins de 60 % du niveau de vie médian national. Autour de 15 % en moyenne nationale, il varie fortement d'une commune à l'autre. Un taux élevé ne signifie pas qu'une commune est « à éviter » : il traduit souvent la présence de logement social, d'étudiants ou de jeunes ménages. Mais il éclaire utilement la réalité sociale derrière une moyenne.

Les déciles et les inégalités internes

Deux communes au même niveau de vie médian peuvent être très différentes. Pour le voir, on regarde le 1er décile (le plafond des 10 % les plus modestes) et le 9e décile (le plancher des 10 % les plus aisés). Leur rapport, le rapport interdécile, mesure l'écart entre hauts et bas revenus : autour de 3,4 au niveau national. Plus il est élevé, plus la commune mélange des situations contrastées, ce qui est fréquent dans les grandes villes.

Pourquoi le niveau de vie compte quand on choisit où habiter

Le revenu d'une commune influence concrètement le cadre de vie : type de commerces, entretien de l'espace public, mixité scolaire, tension du marché du logement. Il se lit toujours avec les autres données : une commune aisée peut être chère et peu mixte, une commune plus modeste peut offrir un meilleur rapport qualité-prix et une vie de quartier animée. L'objectif n'est pas de hiérarchiser, mais de savoir où l'on met les pieds.

Les limites des données

Pour protéger le secret statistique, l'INSEE ne publie pas le niveau de vie des communes comptant trop peu de ménages : environ une commune sur dix n'a donc pas de valeur. Les chiffres portent par ailleurs sur un millésime donné (ici 2021) et évoluent lentement. Enfin, une médiane communale masque les écarts entre quartiers : un même village peut abriter des situations très diverses.

Où trouver ces chiffres sur le site

La page « démographie » de chaque commune affiche son niveau de vie médian, son taux de pauvreté et ses déciles, comparés à la France. Le niveau de vie figure aussi en tête de la fiche commune. Pour comparer les territoires, consultez notre classement des communes les plus aisées et les plus modestes. Source : INSEE, dispositif Filosofi 2021.